jeudi 10 mars 2011

L'armée se forme à distance !

On pourrait penser que la formation chez les militaires se fait essentiellement en présentiel.
Et pour cause, on a tous en têtes les images caricaturales de bataillons allant au pas de course avec un sergent qui leur braille des ordres, et les fameux "Sir Yes Sir!" des films de guerre.

Pourtant, on apprend que la grande muette est un gros consommateur d'e-learning.
Ceci s'explique notamment par l'éloignement et l'éclatement de nos troupes disséminées un  peu partout dans le monde.
Mais aussi  par la vitesse d'évolution des technologies de la communication et les menaces associées (Surveillances satellites, espionnage, guerres électroniques et piratage...).
Ceci réclame une formation permanente, en temps réel et accessible de partout où sont nos troupes.

Depuis 2000, l'armée a massivement investi dans la formation a distance et à mis en place tout un panel d'outils en lignes; des bibliothèques de ressources et des bases de connaissance, mais aussi des outils collaboratifs en appui à la pédagogie.

Ces outils sont développés en internes, mais l'armée se fait également aider par des structures universitaires (Comme Rennes-I) ou encore par un appui technique comme la Microsoft Academy.

Voilà de quoi faire exploser quelques clichés...

Jean GAUTHIER

mardi 22 février 2011

Réforme des OPCA : le feuilleton continue !

Ça bouge sur l'échiquier des fonds d'assurance formation ; stratégie de rapprochement, effets d'annonces...on calcule, on négocie, on évalue...fusion ? absorption ?
C'est la course aux 100 Millions !

Pour un peu on se croirait presque dans une salle des marchés de la City !


Rappel des  épisodes précédents :


Certains OPCA ont déjà scellés leur avenir, ainsi les branches du papier/carton, de l'industrie de l'ameublement et du bois ont fusionnées; la somme de leurs collectes respectives de 37, 33 et 32 millions d'€ leur permettant d'atteindre le seuil providentiel de 100 Millions  : OPCA3+ est né (C3+ pour les intimes)

OPCA défi, créé dés décembre 2010, par les OPCA emblématiques de la plasturgie (Plastifaf) et de l'industrie chimique, pétrolière et pharmaceutique (C2P) concentrent à eux seuls 150 Millions et seraient tentés par un rapprochement avec la Métallurgie (OPCAIM) pour assoir une large autonomie financière au service de l'industrie.

Opcalia, le grand méchant interpro ?

A ce jour le puissant réseau Opcalia n'a fusionné qu'avec une seule branche; le textile et l'habillement (Forthac) mais on le soupçonne de viser plus haut, ce dont il se défend avec force. Il est vrai que son réseau est déjà fortement structuré avec des opérateurs territoriaux et s'était déjà prêté à l'exercice de fusion quand il est né du rapprochement des Opcareg et de l'OPCIB.


Les Agefos en embuscade

Affichant un esprit d'ouverture et d'accueil, les agefos affirment ne pas vouloir faire du rapprochement à tout prix, se targuant d'avoir une collecte bien supérieure à 100 Millions et donc une autonomie proclamée.
On ne doute pas un seul instant cependant que de petits OPCA de branche soient intéressés pour rejoindre ce solide opérateur et son réseau régional.

Et les autres ?

Ca bouge également fortement dans d'autres grands secteurs d'activité.
Exemple : la banque et l'assurance, sous l'impulsion de leurs gros adhérents (qui sont désormais tous dans les deux activités finalement) pourraient rapidement trouver un accord. Reste à convaincre les partenaires sociaux qui y voient une opportunité de négocier les efforts de formation à la hausse, mais restent tout de même extrêmement prudents (voire un peu méfiants).

L'automobile (ANFA) se dit autonome avec sa collecte de 106 Millions, mais n'est ce pas un peu juste ?
On sait que des tractations sont en cours avec la branche des matériels de l'agriculture, et ils ne se cachent pas d'avoir pris des contacts avec les interprofessionnels (Opcalia et Agefos)

Quand on sait que la réforme des OPCA pourrait encore évoluer pour rehausser le seuil de collecte à 150 Millions ou 200 Millions...on n'est jamais trop prudent.

Décidément, cette réforme nous révèle l'univers impitoyaaAAaableuuh  du petit monde des OPCA.

La suite au prochain épisode....

Jean GAUTHIER

lundi 21 février 2011

Le DIF a trouvé sa vitesse de croisière

L'utilisation du DIF était monté en puissance ces trois dernières années;
En progression de 2 à 3% par an depuis 2005 Il a culminé à 14% du total des dépenses en formation en 2010, année charnière qui correspond à l'atteinte du maximum du compte DIF des salariés qui étaient déjà en poste lors de la parution du décret de loi.
A partir de cette année, les salariés gagnent 20h, tout en en perdant 20...bref c'est une opération blanche avec un compteur bloqué à 120.
Les prévisions donnent le DIF aux alentours de 13% en 2011.

Les budgets formation et les financements n'étant pas extensibles; on peut raisonnablement penser qu'il a atteint sa vitesse de croisière et il est peu probable qu'il accapare le gros de la dépense dans les années qui viennent, le plan de formation jouera toujours sont rôle d'accès à la formation et les autres dispositifs (comme l'alternance, ou le FPSPP (budgété à hauteur de 800 Millions d'€ cette année)) se portent plutôt bien.

Il est à noter également que les salariés sont toujours un peu dans le flou avec le DIF et la façon de le faire valoir, et que paradoxalement ils ne montrent pas non plus un appétit féroce pour se former!


Jean GAUTHIER

lundi 14 février 2011

En 2011 : ça chauffe pour les OPCA !

A peine le décret d'application paru en septembre 2010,  le petit monde des OPCA est ébranlé.
Ils  devront tous être en conformité au 1er janvier 2012, et il y a du pain sur la planche !




Disparition des "petits" collecteurs

Rappelons que le durcissement des règles prévues par la loi a d'abord pour objectif  un soucis d'efficacité, et de transparence : une collecte moins éclatée assurera des missions de financement plus solides mais aussi  un meilleur accompagnement des entreprises (ce qui est plutôt nouveau pour les fonds d'assurance formation), elle devra permettre également une présence territoriale cohérente, et plus particulièrement auprès des TPE/PME.
Avec le relèvement du seuil de collecte à 100 millions d'euros, une partie des OPCA va disparaître.
Le plus souvent par absorption ou fusion avec un OPCA de branche connexe.

Certains ont déjà bouclé leurs négociations; ainsi "l'OPCA 3+" est le fruit d'une alliance entre l'industrie de l'ameublement du bois, de la construction et du carton.
Plastifaf (plasturgie) et C2P (industrie chimique, pétrolière et pharmaceutique) viennent de fusionner pour donner naissance à "l'OPCA Défi"...un nom de circonstance, car pour d'autres branches les négociations vont relever, il est vrai, un véritable défi.
Et d'autres négociations sont en cours, nous suivrons cela de près.

Quels bénéfices pour les entreprises ?

Une plus grande transparence : dans le suivi de la gestion et l'utilisation des fonds, tous les OPCA devront avoir une comptabilité analytique et élaborer un service dématérialisé  (actualisé tous les quinze jours) assurant la publicité de l'utilisation des fonds et les critères prioritaires de financement.
On devra également pouvoir retrouver la liste des organismes de formation ayant bénéficié de fonds formation et le montant perçu par chacun.
Enfin, seront disponibles les comptes annuels de l'OPCA et le rapport du commissaire au compte.

Un meilleur accompagnement : principalement pour les TPE/PME dans le montage des plans formation et de la gestion des compétences.
Financement d'études et de recherches dédiées à l'innovation en formation, ainsi que des aides à la certification.

Interdiction de procéder à des "collectes captives", qui alimentaient des pratiques de concurrence et de surenchère entre OPCA.

Des financeurs inquiets

Si certains ont largement anticipé la réforme, ou s'y sont attelé dés parution du décret d'application, d'autres sont très en retard, et 12 petits mois pour se mettre en conformité, c'est peu !
Les regroupements et fusions, ne seront pas sans heurts, notamment sur la duplication de postes réclamant une large réorganisation des équipes.
En outre, l'exigence dans la transparence et la mise en conformité des processus de gestion va révolutionner les pratiques et demander à certaines branches un vrai coup de collier pour s'équiper d'outils et accompagner les collaborateurs dans cette mini révolution.

On compte aujourd'hui 96 OPCA, combien demain ?
A suivre...

mardi 1 février 2011

Social-bookmarking : deux solutions alternatives de qualité à Delicious

Yahoo! a annoncé récemment sa volonté de vendre delicious, son service de social-bookmarking, et a introduit le doute quant à sa pérennité. C'est une menace pour tous les professionnels utilisant ce service, mais c'est aussi une opportunité pour découvrir des solutions alternatives avec des fonctionnalités encore plus poussées.

Dans le cadre de l'organisation de cet atelier sur le thème du social-bookmarking nous avons posé 3 questions à Christophe DESCHAMPS.

SERDA :  "Yahoo! a annoncé la revente de Delicious, cette année, qu'est ce que cela va changer pour les utilisateurs de ce service ?"

Christophe DESCHAMPS : "On ne sait pas ce que cela va changer et c'est bien ça le problème. Pour l'instant rien ne dit comment évoluera Delicious et si, même, il évoluera. D'ailleurs il faudrait pour cela qu'il soit racheté mais ce n'est pas encore le cas. Dans le doute mieux vaut appliquer le principe de précaution."

SERDA :  "Quels sont les alternatives pour les professionnels souhaitant continuer à utiliser un service de social-bookmarking efficace ?"

Christophe DESCHAMPS : "Il existe de nombreuses alternatives à Delicious. En ayant personnellement testé plusieurs, je propose lors de cette journée de formation d'aider les stagiaires à faire la transition vers l'un des deux services (voire pourquoi pas les deux) qui me semblent les plus aboutis pour pratiquer le social- bookmarking : Diigo et Pearltrees. Ce sera également l'occasion de présenter les fonctionnalités très avancées dont chacun dispose et qui sont plus performantes que celles de Delicious. Un mal pour un bien donc !"

SERDA :  "Quels sont les éléments clés de l'atelier que vous animez sur ce thème ?"

Christophe DESCHAMPS : "Concrètement, nous verrons d'abord comment transférer ses favoris de Delicious vers les autres services. Nous mettrons ensuite en oeuvre les fonctionnalités de base de Diigo et Pearltrees avant de tester certaines de leurs fonctionnalités avancées. Et il y en a beaucoup! c'est aussi un atelier d'échange sur nos pratiques de veille et l'occasion de mettre en perspectives de nouvelles pratiques grâce au social-bookmarking ".


Atelier du web : "Social-bookmarking : deux alternatives de qualité à Delicious"
Date : Le 2 mars 2011
Tarif : 550 € HT
Réservez vite ! téléchargez le bulletin d'inscription et retournez le par fax au 01.44.53.45.01 ou scanné par mail à leslie.salzmann@serda.com

Vous pouvez également télécharger le programme détaillé de cet atelier  en cliquant ici.

mercredi 26 janvier 2011

Les 4 syndromes à éviter en 2011 !

Le groupe serda a édité des cartes postales mettant le doigt sur des syndromes évitables (et à éviter) pour toute organisation qui souhaite mieux manager ses informations.

Humoristique, mais tellement vrai !  Bonne lecture, et gare aux syndromes !

Compte tenu de la faible valeur énergétique du bambou, le panda géant passe 14 heures par jour et la plus grande partie de son énergie à trouver les 20 kg de bambou nécessaires à sa nourriture quotidienne.

Après quoi, épuisé davantage que comblé il ne lui reste que quelques heures de sommeil pour recouvrer la force de recommencer le lendemain.


> En 2011, évitons le syndrome du panda en trouvant la juste utilisation de son temps



Chargé de la lutte contre les dissidents, le KGB avait mis sur écoute électronique tous les opposants au régime. Au regard de la capacité de traitement, la masse d'informations collectée était telle, que les dissidents - heureusement plus malins - n'hésitaient pas à téléphoner, la probabilité d'être entendu étant dérisoire.
La performance des informations n'est pas leur nombre, mais la capacité à les interpréter.


> En 2011, évitons le syndrome des oreilles du KGB en trouvant la juste interprétation des données


Un jeune novice fait, pour la première fois, son entrée dans la salle scripturaire de l’abbaye. Il s’étonne de voir que les moines copistes recopient les textes, non pas d’après le manuscrit original, mais depuis l’oeuvre de copie précédente et, ainsi de suite, de copie en copie…
Il s’en inquiète auprès de l’Abbé Doyen, responsable de la discipline intérieure. Ce dernier, effaré, comme sous le coup d’une révélation, fonce, soutane haute, les mille succubes du doute accrochés aux sandales
et au froc, vers la bibliothèque des Précieux. C’est là que reposent, gisants et vénérés, les Originaux.
Dans la grande salle, un silence s’en suit…Soudain… Une longue lamentation lugubre et déchirante, précipite les moines aux fenêtres. C’est l’Abbé. Bras ouverts, paumes au ciel, et larmes aux yeux ; à genoux dans la poussière de la cour : "Mes frères… Ah ! mes frères !…… Cʼétait CHA-RI-TÉ ! PAS CHASTETÉ !!"

> En 2011, évitons le syndrome des copies copiées !


Du fin fond des steppes de l’Asie centrale à Orléans, dans une furieuse chevauchée hurlante, Attila a conquis en déferlante une grande partie du monde connu. Puis, demi-tour. Il rentre à la maison, histoire de se marier.
Il en profite pour mourir, le soir même de ses noces, victime de… disons… ses agapes.
Progresser, pour Attila, qui était pourtant un homme lettré, se résumait à la première acception du terme : aller de l’avant Attila et ses Huns, ne considéraient pas que progresser veut aussi dire : évoluer dans le sens d’un mieux. Ainsi, ils ont, certes, fait conquête mais jamais civilisation. Derrière leurs chevaux, l'herbe ne repoussait pas.


> En 2011, évitons le syndrome dʼAttila en développant la valeur citoyenne !

lundi 17 janvier 2011

L'activité de la FPC 2008/2009

Les chiffres concernent 2008 et s'appuient sur les premières analyses de l'année 2009 et ont été diffusés en annexe du projet de loi des finances pour 2011. (les documents sont publiés sur le site du ministère du budget)


 les entreprises : moteurs de l'accès à la formation :

Le montant global  de la dépense s'élève à 29,8 Milliards d'€ (ce qui représente 1,5% du PIB) et est en hausse de 5,3% par rapport à 2007.
Sans surprise, ce sont les entreprises qui financent largement la FPC en France (42% de la dépense globale, et dont la moitié est géré par les OPCA de branche)
Les entreprises de moins de 10 salariés ne sont pas en reste, et ont dépensés presque 3% de leurs masse salariale en 2009, portant ainsi le taux d'accès à la formation à 46%, ce qui est une bonne nouvelle pour les salariés des TPE qui n'étaient privilégiés dans ce domaine.

La dépense de l'état est en progression de 8% et représente 16% du total, les régions venant juste après avec 15% de la dépense globale et avec une variation très forte d'une région à l'autre ( ceci fait l'objet d'une remarque dans l'annexe au projet de loi, avec une invitation à uniformiser ces dépenses).

Plus surprenant, les financements individuels ont progressé de 9%, et représentent tout de même 4% de la dépense globale (soit 1,2 Milliards) ceci se place le plus souvent dans des projets de qualification post formation initiale et pour favoriser l'accès ou le retour à l'emploi.


Une activité qui marque le pas mais tout de même en progression :

L'activité des organismes de formation a continué sa progression en 2008 et 2009, pour un CA global de 6,9 Milliards, mais avec est tout de même un net ralentissement par rapport aux années précédentes.



Ce sont les organismes privés qui profitent de cette progression, les centres de formations à but non lucratifs (associations, syndicats, fondations....) continuent leurs baisse amorcée depuis plusieurs années déjà.

Les OPCA ( au nombre de 64 en 2009) ont collecté un peu plus que l'année précédente, et les actions financées sont en hausse, ce qui est une bonne chose pour les adhérents et les salariés (à noter que l'on voit déjà apparaître le provisionnement de la contribution au titre du FPSPP dans les comptes de résultats)
Ce dispositif va chambouler quelque peu la collecte et les financement, j'en parlerai plus en détail dans un autre billet.


Des départs en formation plus spécialisés et plus individualisés :

Pour finir on note que la durée moyenne d'un départ en formation est en légère baisse (67 heures en moyenne) en contre partie, les formations choisies sont de plus en plus qualifiantes et/ou techniques.
Des formations donc moins longues, mais plus chères et plus spécialisées.

L'utilisation du DIF est en hausse constante chaque année et favorise l'individuation des parcours avec des choix plus "éclairés".